lundi 7 janvier 2008

Amsterdamned



Parce qu'Amsterdam est Amsterdam, c'est là que j'ai passé le réveillon cette année. Ce n'est certes pas une explication très développée, mais après tout, c'est mon blog, je fais bien ce que je veux.

Imaginez un road trip nuit blanche de 36heures vers une ville d'Europe du nord froide et humide à 12h de bus de Lyon. Destination: l'affichage d'une liberté européenne bannie partout ailleurs. Old fashioned et résolument avant-gardiste.

La liberté la plus exacerbée ne se laisse à vivre qu'en vélo, cela-dit. Le piéton doit dégager, sinon les vélos vous écrasent sans vergogne, ils roulent plus vite qu'une voiture dans n'importe quelle agglomération française. Et les pistes cyclables parcourent le centre tel qu'elles ne le pourront jamais à Paris: le centre historique, le cœur de la ville, est tellement strié de canaux que de toute façon, il y a plus d'eau que de pavés, alors les voitures, c'est à l'extérieur. Voilà qui doit faire rêver le maire de Londres… Une taxe, pff, il suffit de creuser des canaux à tire-larigot et n'importe quel automobiliste normalement constitué préférera faire demi-tour direction les corniches de la côte d'azur qui offre un cadre si romantiquement pittoresque pour se crasher.
Je ne connais pas la Cornouaille, mais je suis sûr que c'est kiff kiff.
Quoiqu'il en soit, la beauté de la ville n'est pas à démontrer et, bien qu'on SACHE qu'il y a des canaux partout, on en reste tout de même impressionné.

La bonne surprise en revanche c'est qu'il n'est pas nécessaire non plus de louer un vélo ou d'acheter un ticket de bus pour visiter le centre: les pieds suffisent. On a tout découvert à pieds et c'était amplement satisfaisant. Evidemment, nous ne sommes restés qu'une journée, nous nous sommes cantonnés au centre jusqu'aux grands canaux. Mais je pense que deux jours à pied de découvertes est une possibilité plus qu'honorable. Au-delà, peut-être qu'effectivement un moyen de transport quelconque pourra s'avérer utile! ;)

On déconseillera à quiconque d'arriver à 7h du matin après une nuit blanche dans un bus… Tout est fermé! Ce n'est qu'après avoir déambulé une heure qu'on a enfin trouvé le premier café d'ouvert pour se réchauffer avec un chocorum et établir notre plan d'action pour la journée. Frigorifiés, cela va sans dire. Tout n'ouvre qu'à partir de 11h, auparavant, c'est une ville morte, et les amstellodamois ne déboulent dans les rues qu'à partir de 15h, tous en même temps! La foulitude pointe alors son nez, sans prévenir, vous laissant pantois.

Mais bon, cela nous a permis de découvrir dans un premier temps l'organisation de la ville, de l'appréhender, de nous placer et nous repérer dans son espace. Le meilleur moment du séjour, selon moi, ce premier arrêt au café: tout est encore à découvrir, mais on est déjà au coeur de tout.

Au centre du centre (entre place Dam et le Neuemarket d'où part la première station de métro à destination… de la banlieue - eh oui, c'est une ville de canaux, vous imaginiez quoi, bande d'idiots?), les coffee shops fleurissent à chaque coin de rue, les boutiques de souvenirs vendent des cartes postales avec clito en gros plan et maisons à pignons, et à l'ouest du centre, au-delà des canaux princiers, le quartier rouge, bien moins glauque qu'on ne peut se le représenter. Et des tas d'hommes agglutinés, pressés contre les vitres.


Les cafés bruns traditionnels ornés de lambris patinés vous offrent des beignets aux pommes et des spéculoos gratuitement avec votre café crème, vous dégustez une soupe de poids verts à la saucisse grillée dans les restaurants chics (véridique!) et surtout, surtout, on ne vous parle qu'en anglais; même quand on vous bouscule dans la rue, c'est un "excuse-me" qui s'élève.
Le néerlandais est-il une langue morte? Heureusement qu'on paye en euro le longs des canaux, sinon, se pourrait être Newcastle!

Les traditions du jour de l'an sont, après cette opportune présentation sur-condensée de la ville… folkloriques! Déjà, tout le peuple se réunit au milieu de nos chers canaux sur les rares places qui surgissent au milieu des eaux et l'on se demande alors OU ils étaient planqués tout ce temps! Les immeubles sont sur pilotis, ils ne peuvent pas se cacher dans les sous-sols! Les amstellodamois sont-ils tous amphibiens?
Ils ne semblent pas décontenancés par un concert géant plus que conceptuel composé essentiellement de percussions et d'une chanteuse bjoresque qui ne chante pas mais mime des sons dans son micro, pis ils semblent s'en trouver fort aise - réponse à ma question: ils sont donc bien amphibiens.
Leur feu d'artifice commence à 23h30, s'achève à 1h mais les feux continuent en fait encore 1h de plus puisque les habitants allument des boites qui lancent des fusées à chaque coin de canal, autant que les rues intermédiaires sont prises d'assaut par des commandos armés de pétards qu'ils lancent collectivement en cercles concentriques pour tous les faire exploser en même temps, créant un énorme foyer assourdissant et extrêmement dangereux.
Minuit passe sans que personne ne s'en préoccupe, tant ils sont pris par leur scénographie son et lumières, personne ne s'arrête pour se faire la bise, applaudir ou crier bonne année.
Les cloches retentissent à minuit 20 et les touristes vous alpaguent dans la rue pour, enfin!, vous souhaiter une happy new year (dans la langue de shakespeare, of course!).

Quand la rue se calme, vers 3h, Amsterdam ressemble à une ville assiégée par un brouillard de poudre et un sol .. oui, ensevelis sous les cadavres des pétards et feux de Bengale qui jonchent une terre sur laquelle on n'ose même plus marcher tant elle ressemble à une berge mouvante et tiède presque hallucinée. Les employés municipaux ont du être formés à Beyrouth, nous ne voyons pas d'autre explication!
Ensuite, tout ce monde s'entasse dans les multiples cafés de la ville, quoique réussir à y dénicher trois places relève d'un doctorat en stratégie militaire. Minimum. Certains vous expédient en 5mn car vous ne consommer qu'un coca (la nuit a été rude!), mais si je vous retrouve le nom de celui qui nous as laissé végéter 2h autour d'un simple coca pour trois, je vous promets, je vous le signale!

On s'est rapproché progressivement de la gare. A 5h du matin, elle est noyée sous un épais brouillard, péréquation d'une nuit de poudre et de canaux omnipotents. Nous SAVIONS qu'elle était là. Elle demeurait pourtant d'un invisibilité parfaite à seulement quelque mètres. Et c'est là qu'on se remercie de ne pas s'être murgé la caboche, afin de conserver la capacité de retrouver cette fichue gare, car Amsterdam la nuit de la Saint-Sylvestre, il faut au moins avoir été formé par les forces spéciales pour en ressortir indemne!

Pénétrer dans la gare centale d'Amsterdam à 5h du matin un 1er janvier, c'est quitter la zone de guerre pour atterrir dans un camp de réfugiés. Le sol n'est pas jonché de cadavres des oripeaux de la fêtes évanouie, non: il est jonché d'une marée humaine, fiévreuse et démembrée, tétanisée par toutes les libertés que peut offrir Amsterdam et qui vous fait dire in fine que oui, finalement, vous ne vous en êtes pas trop mal sortis!
Vous êtes debout. Et ce n'est pas une mince affaire, ce n'est pas le cas de la majorité. Il y a de quoi être fier, croyez-moi!

Cela dit, décrire Amsterdam sans évoquer le bad trip de 3h dans lequel un space cake nous a plongé ne serait pas une description exhaustive d'Amsterdam; aussi, je vous le raconterais peut-être la prochaine fois… si vous n'êtes pas sages et que vous me suppliez!

Happy New Year, bande d'ingrats!

1 commentaires:

Antoine a dit…

Bonne année à toi Bluestarbuck !
Et moi je pars dans 10 jours à Amsterdam ! Et ton compte rendu m'a donné encore plus envie !:P